Ikarwa

El Amanecer de un Nuevo Tiempo
L’aube d’une ère nouvelle
IKARWA, Sierra Nevada de Santa Marta, Colombie

Septembre 2012

Par Dominique Vincent

Chapitre précédent

Ikarwa

8 heures du matin. Nous arrivons à la « casa indigena » avec toutes nos affaires, tente y compris. Tout le monde est au rendez-vous. Deux camionnettes pour les bagages, des minibus et nous voilà en route pour Ikarwa. C’est tout près de Valledupar. Quelques kilomètres de route goudronnée, puis, à gauche, nous prenons une piste à peine marquée sans aucune indication. Nous traversons quelques pacages. La terre semble très pauvre, caillouteuse. Puis la forêt, luxuriante. Notre bus cale, le moteur refuse de redémarrer. Tout le monde à terre et nous poussons le bus à reculons dans le sens de la descente. Embrayage, c’est reparti, tous à bord. Un portail rudimentaire, une profonde émotion monte en moi, je retiens mes larmes. Deux enfants en costume traditionnel nous font des gestes d’accueil avec de grands sourires. Nous apercevons les toits de chaume des huttes du village. Nous sommes en terre indienne.
Nous descendons du car. Un vaste terrain ombragé a été dégagé pour la réunion avec des chaises de plastique blanches disposées en un immense rectangle. Ikarwa en ColombieNous apercevons les silhouettes blanches d’un groupe important d’Indiens sur une petite colline à quelques dizaines de mètres. Quelqu’un nous informe que ce sont les Mamos qui se préparent à nous recevoir et qui bénissent et nettoient les lieux pour la rencontre. Nous sommes bientôt invités à nous rendre sur cette colline où ne reste plus qu’un d’entre eux qui nous attend. Rituel de purification : distribution à chacun de deux petits morceaux de coton à tenir dans la paume de chaque main. En quelques mots, nous sommes invités à mettre toutes les pensées négatives qui nous ont encombrées avant d’arriver dans le coton de la main gauche et toutes nos intentions positives concernant la réunion dans la main droite. Les bouts de coton sont ensuite ramassés et nous sommes invités à aller installer nos tentes sur un petit terrain qui vient d’être dégagé pour nous à proximité immédiate.

Les conditions matérielles

Notre séjour à Ikarwa n’a vraiment rien du club Méd. Inconfort total. Deux douches froides rudimentaires, chacune un tuyau, un robinet, pour une centaine de personnes. Même sous l’équateur, une douche froide reste une douche froide, surtout la nuit. Le terrain est caillouteux et les matelas de camping sont vraiment minces. Il faudra oublier l’espoir de bonnes nuits réparatrices. Toilettes sèches, elles aussi rudimentaires. Mais le pire ce sont les moustiques. Comme le dira avec humour Ruth, une des femmes Arhuacos qui s’occupe entre autres, de l’organisation matérielle, et de notre bien être : « Nos moustiques vous aiment beaucoup ». En fait de moustiques, il y a bien ceux que nous appelons moustiques en France, mais il y aussi d’autres insectes minuscules à peine visibles qui semblent se régaler de notre sang. Après, ça gratte et, pour ceux qui réagissent le plus, ça enfle, ça cloque… Ikarwa en Colombie Réunion sur des chaises en plastique
Les réunions qui durent des heures se font sur les chaises de plastique qui deviennent rapidement très inconfortables. Avec l’immobilité, la chaleur et les moustiques mes chevilles me font souffrir de plus en plus. Elles ne m’ont jamais paru aussi énormes. Par contre la nourriture, très simple, est excellente.
En comparaison, je regarde les Indiens. Ils peuvent rester des heures sur leurs chaises sans broncher, simplement présents à nous observer, nous ressentir. Jamais je ne les ai vus s’assoupir au cours d’une réunion. La nuit, ils semblent pouvoir dormir profondément n’importe où et dans n’importe quelles positions. J’en ai vu un le faire sur un tronc d’arbre, couché à plat ventre, bras et jambes pendant de chaque côté. Une averse ne les réveille pas, mais, à l’heure prévue, ils se secouent et sont prêts à participer activement aux échanges. Il est évident que leur mode de vie ne contribue guère, ou même pas du tout aux déséquilibres écologiques de la planète : Maisons sommaires au sol de terre battue et au toit de chaume, hamacs, mochillas, sacs qu’ils portent continuellement en bandoulière et qui contiennent toutes leurs possessions quand ils se déplacent, et vêtements, tout en fibres naturelles, cuisine rudimentaire au feu de bois mort ramassé à proximité, légumes et fruits du jardin et de la forêt, déplacements internes à la Sierra à pieds, transport des marchandises sur leurs dos ou avec des mules, des ânes et de petits chevaux…

Histoire à suivre sur notre site tantraaucoeurdeletre.com