Témoignage « Rencontre avec mon Enfant intérieur »

Drôme, Juillet 2016

Rencontre avec mon Enfant intérieur

Être femme,
Être fille,
Être intérieur

A l’opposé de l’extérieur.

Être fille, courir, rire, tomber, pleurer, sourire, éclater de rire. Tout est permis. Liberté. Sentiment de grande liberté. Pas de contrainte extérieure, pas de faux paraître. Être soi jusqu’au fond de ses rires. Vivre, courir, apprendre, observer, s’endormir. Être en confiance. Faire confiance. Être en sécurité. Être protégée.

Protégée de l’extérieur, de ce monde cruel, de ce monde violent, sans pitié, où le meilleur gagne, où l’on doit se battre, être conforme aux normes, les respecter, s’y plier, s’y tordre, s’y perdre. Se faire mal.

A quoi bon grandir, pourquoi ?

Sauvegarder ce patrimoine, le préserver, le respecter, se respecter. Être heureuse par la simplicité. Être légère, pouvoir être portée et voler dans leurs bras, avoir confiance, s’abandonner aux autres. Comme un matin en vacances, se lever avec des tartines de pain frais croustillants, un beurre d’une douceur et épaisseur inégalées et la confiture de ma grand-mère croustillante de pépins de fruits. S’asseoir, les observer écosser les haricots verts, parler avec leur accent de là-bas. Et Être toute petite, mais tellement présente, tellement là. Être source de joie.

Tous ces enfants brisés. Tous ces cœurs meurtris.

Tous ces adultes incomplets qui ont continué à donner la vie sans cette âme de cœur, d’écoute et d’accueil. Et même si… Avec tous les efforts et la bonne volonté, ont fait ces fausses notes, ces petites erreurs qui comme le battement d’un papillon grandit.

Ai je envie de devenir adulte ?

Ai je envie que mon enfant devienne adulte ?

Je n’ai parlé que de mon enfance et les émotions sont sorties. J’ai voulu préserver cette enfance. Ne pas la salir des autres histoires. De celles d’après, ces histoires sales et profondes. Je n’ai pas voulu salir cet enfant intérieur. Comme un cocon que je me suis fait, soyeux, doux et tiède. Mettre mon enfant dans une bulle. Ne pas le salir avec les histoires de grands. L’histoire suivante…

Je ne veux pas grandir.

Que j’étais bien avec ce conte de Rahina, tous ces corps allongés, entremêlés, libérés de leur adulte. Je me souvenais de ces histoires lues à la bibliothèque. Cette liberté que l’on avait de notre corps et de notre esprit.

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Descendre l’escalier en colimaçon de son cœur.
Arriver sur cette magnifique porte moyenâgeuse, en bois massif, magnifiquement décorée.
L’ouvrir et laisser un crissement de ferraille jaillir
Arrivée sur une magnifique prairie gigantesque, le vent balaye les herbes
Prendre le chemin qui se dessine sous mes yeux, sentir le vent me bercer,
Marcher sur l’herbe et les cailloux du chemin
Sentir l’odeur de la prairie
Et apercevoir ce petit Être sorti d’un dessin animé, tout agité, avec de grandes oreilles de lapin
Il rigole, il joue
Je m’approche et il me regarde curieux, puis intrigué
Il me montre ses jeux, ses petites pierres
Je joue avec lui puis l’on joue à cache cache, on rigole, on court
Je le porte dans mes bras, on fait l’avion, il éclate de rire
On rit tous les deux
Et l’on court, je n’ai plus mal au genou
Je suis légère, tellement légère
Puis il se fait tard
Je le prends dans les bras
Je lui caresse les oreilles
Je l’embrasse
encore et encore
Et je retourne à ma porte tout en lui envoyant des baisers
Ce n’est pas un adieu, ce n’est qu’un au revoir
Nous sommes heureux, je le reverrai
La porte est ouverte, je rentre dans mon cœur et je remonte avec de grandes respirations mon ascenseur
A bientôt Petit Cœur

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– Coucou, qui es tu ?

– Je viens d’en haut, je suis passée par le cœur

– Tu veux bien jouer avec moi ?

– Avec plaisir, que fais-tu ?

– J’aime bien ces pierres

– Raconte moi ce que tu fais avec…

– Je joue bien-sûr !! Regarde, viens t’asseoir avec moi !?

– Avec plaisir !

– Dis, on peut jouer à cache cache aussi ? Tu peux me prendre dans tes bras pour faire l’avion? Et rester à mes cotés ?

– Avec plaisir…
Tamara