Méditations sur la mort


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Meurs avant de mourir

Les méditations sur la mort sont nombreuses et elles sont présentes dans toutes les traditions spirituelles. Il y a le culte rendu aux morts au moins une fois par année et aux dates anniversaires du départ d’un être important. Ce culte remplit de nombreux rôles. Il nous met en face de notre finitude. Il nous rappelle tout ce que nous devons à nos ancêtres qui sont tous importants dans notre vie, par ce qu’il nous ont transmis.

L’approche de la mort, l’agonie d’un être proche, est souvent une source de transformation majeure quand nous avons le courage de l’accompagner jusqu’au bout. Dans ce cas, vous pouvez utiliser la méditation d’Atisha aussi appelée Toglen dans la tradition Tibétaine.

Nous vous suggérons de lire attentivement le livre de Sogyal RinpocheLe Livre tibétain de la vie et de la mort , il vous donnera de nombreuses pistes.

Dans les traditions amérindiennes, Il est conseillé comme voie de sagesse de devenir conscient et de se souvenir le plus consciemment possible de la mort qui nous suit constamment, trois pas derrière nous sur notre gauche. Cela nous incite à développer notre vigilance et à vivre chaque instant le plus intensément possible.

Un jour un disciple demanda :

  • Maître, quelle différence y a-t-il entre ta vie et la mienne ? Qu’est-ce qui caractérise l’état de conscience de quelqu’un qui a atteint la réalisation et quelqu’un qui vit dans un état de conscience ordinaire ?
  • Chaque matin, quand je me réveille, je sais que je peux mourir aujourd’hui.
  • Mais, Maître, cela tout le monde le sait !
  • Oui, tout le monde le sait, mais personne ne le sent.

 

La prise de conscience de la mort, possible à tout instant, est une étape importante de toute démarche méditative. On rapporte que Bouddha envoyait les nouveaux disciples s’asseoir dans les lieux de crémation avec, pour seule consigne, de regarder jour après jour les corps disparaître dans les flammes. Don Juan, le sorcier Yaqui disait à son élève Carlos Castaneda de regarder souvent derrière lui, la mort qui l’accompagne constamment. Les Soufis, les mystiques de l’Islam utilisent une formule lapidaire : « Meurs avant de mourir ».

La considération de la mort s’attaque :

à une croyance fondamentale, celle d’être notre corps,

à une peur viscérale, celle de souffrir et de disparaître,

à notre attachement au monde des sens.

 

Cette considération donne une perspective juste à toute notre existence. La perspective intériorisée de la mort peut nous aider à percevoir que notre conscience n’est pas limitée au corps, mais que nous sommes un espace dans lequel des phénomènes apparaissent et disparaissent sans cesse.

La plupart du temps, nous vivons en évitant tout ce qui pourrait nous faire penser à la mort ; à moins que nous ne soyons fascinés, hypnotisés par elle jusqu’au point de jouer notre vie à la roulette russe ou de penser au suicide. Parfois, elle s’impose à nous spontanément ou à l’occasion de la disparition de quelqu’un de proche, de maladie, d’accident… Que nous le reconnaissions ou non, la mort est toujours liée à une panique profonde bien humaine.

Au cours de notre vie, nous avons exploré plusieurs formes de thérapie, plusieurs processus de développement personnel, plusieurs techniques de méditation pour nous-mêmes et avec nos clients. Nous n’avons rien trouvé de plus puissant que de se mettre en face de sa propre mort. Paradoxalement, ce face à face stimule une énorme charge de vitalité qui transforme durablement votre quotidien. Chaque instant de vie est ressenti comme un cadeau précieux qui réclame notre participation consciente et intense. Plus nous vivons cette intensité, plus nous approchons de la mort avec confiance et lâcher-prise.

La prise de conscience de votre mort

Voici maintenant quelques suggestions pour entamer un processus par rapport à la prise de conscience de votre mort.

Le matin au réveil, avant tout autre chose, dites-vous :

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« Si cette journée était la dernière,
comment voudrais-je la vivre? »

Visualisez ensuite tout ce que vous avez à faire ce jour-là en y mettant la qualité de vie la plus totale et la plus intense possible.

Faites-le pendant une semaine et constatez les résultats.

L’expérience de chaque expiration comme si elle était la dernière

Jour de brume vers un temple japonais

Jour de brume vers un temple japonais


Étendez-vous sur le dos en prenant le temps de vous détendre complètement.
Une bonne méthode est de passer tout votre corps en revue en contractant successivement les muscles de chaque partie sur l’inspiration et en les relaxant sur l’expiration.
Commencez par les pieds et terminez par le visage.
Revenez ensuite à une respiration naturelle et faites l’expérience de chaque expiration comme si elle était la dernière.
Portez votre attention sur la fin de l’expiration et sur l’espace qui suit avant que l’inspiration suivante ne vienne d’elle-même.
Dans cet espace, vous pouvez faire l’expérience du vide, de la dissolution de votre être, de l’abandon confiant à l’univers.
L’inspiration apparaît alors comme un cadeau de l’existence, comme une renaissance.
Après quelques minutes de cette conscience respiratoire, revenez à la perception habituelle de votre corps en vous étirant doucement, en baillant et en vous passant les mains sur toutes les parties de votre corps, au besoin en vous frictionnant.

Le paradoxe des méditations sur la mort, est qu’elles nous incitent à vivre intensément chaque instant de notre existence. Certaines peuvent même être utilisées pour aider ceux qui sont assaillis de pensées suicidaires, ou qui n’arrivent pas à terminer un processus de deuil. Mais dans ces cas, il est important de se faire accompagner par un thérapeute expérimenté.


Les techniques abordées sur ce site :