Conscience sensorielle dans la nature


Coussin méditation rose

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Celle que vous voudrez lui accorder…

La pleine nature

La méditation, c’est la mise en vacances du mental. Notre vie est continuellement envahie par ce fonctionnement cérébral ininterrompu, ce tyran qui rumine nos expériences passées ou qui nous projette dans le futur. Il s’active même la nuit qu’il peuple de rêves. Certes, nous avons besoin de notre cerveau comme d’un bon serviteur qui nous permet de chercher, de communiquer, de créer… Mais comment pourrions-nous le calmer, parfois le débrancher complètement, de telle façon que nous ayons un accès direct à la réalité. Tout ce qui existe ne peut exister qu’au temps présent. Tout ce qui a existé, n’a jamais existé qu’au présent. Tout ce qui existera, n’existera qu’au présent. C’est l’évidence même et pourtant!…

Comment donc partir en vacances avec un mental au repos? Tout d’abord débarrassons-nous de quelques idées toutes faites qui nous éloignent d’emblée de la méditation : « Méditer, c’est difficile. Il faut s’asseoir et ne plus bouger dans une position inconfortable. L’idéal serait d’aller vivre dans une grotte ou dans un monastère et de commencer à pratiquer à 3 heures du matin, mais ce n’est pas pour moi ». Une telle approche peut être juste pour certains d’entre nous à certaines périodes de notre vie. Cependant la voie royale, la plus agréable et la plus efficace, c’est de vivre moment par moment avec tous nos sens en éveil. Essayez de résoudre un problème de mathématique pendant que vous respirez le parfum d’une rose ou de répondre à un appel téléphonique urgent de votre banquier en même temps que vous faites l’amour. Vous savez par expérience que c’est impossible : ou vous restez présent à vos sensations, ou vous vous absorbez dans votre mental, les deux ne pouvant coexister. L’écoute attentive de nos sensations nous ramène immanquablement dans la présence de l’instant tout en étant source de plaisir. Plaisir et méditation font bon ménage. On peut même affirmer que seule la personne qui mène une vie méditative jouit totalement, alors que celle qui est continuellement absorbée dans sa tête se dessèche.

La période estivale avec sa température plus douce, les promenades en forêt, les temps de vacances, est particulièrement propice à l’éveil des sens. Tout peut être utilisé consciemment: le soleil brûlant, une brise caressante, le goût de l’eau salé au coin de nos lèvres, la sueur qui nous coule dans le dos… Ce fut une des paroles les plus répétées par Bouddha, « Souvenez-vous! ». C’est à dire, « Souvenez-vous d’être présent ». Il conseillait à ses disciples de se déplacer avec une lenteur extrême pour ne rien manquer de la saveur de chaque instant. Tout geste fait lentement requiert plus d’attention, de présence qu’un geste fait dans la précipitation et ralentit le mental dans la même proportion.

Si vous vous observez soigneusement, vous vous rendrez compte que vous pouvez assister à un magnifique coucher de soleil et pourtant rester complètement perdu dans vos pensées. Voici donc quelques suggestions pour vous entraîner à plus de présence. Choisissez un temps où vous êtes seul dans un jardin, sur une plage ou en forêt. Cela peut être le matin de bonne heure quand tout le monde dort encore. Habillez-vous le plus légèrement possible, restez nu si la température le permet et si vous êtes à l’abri des regards indiscrets. Commencez à marcher le plus lentement possible, tous les sens aux aguets. Écoutez les moindres bruits, chants d’oiseaux, murmure du vent dans les feuilles, léger clapotis de l’eau qui coule dans le bassin ou dans le ruisseau. Accueillez les premiers rayons du soleil qui réchauffent votre peau, le moindre courant d’air qui fait vibrer vos poils et vos cheveux ou qui vous donne la chair de poule. Vous pouvez vous coller contre le tronc d’un arbre, caresser l’herbe mouillée, vous étendre sur elle. Froissez des feuilles de diverses plantes et humez-les. Mâchonnez des brins d’herbes et goûtez. Reniflez une poignée de terre. Soyez attentif aux formes et aux couleurs des arbres, des plantes, des nuages… Arrêtez-vous à chaque fleur que l’existence à placée sur votre chemin. Riez d’une chenille qui se promène sur votre bras en vous chatouillant. De temps à autre, arrêtez-vous au milieu d’un pas, d’un geste et restez quelques secondes en suspens. En un éclair, votre mental s’arrête lui aussi, mais vous, vous êtes.

Cette approche toute simple de l’éveil des sens peut vous mettre dans un état de légèreté, de fraîcheur, d’émerveillement que vous avez certainement connu dans votre enfance mais dont l’éducation intellectuelle et la vie adulte vous a éloigné. Peu à peu vous pouvez découvrir ce même état dans d’autres espaces de votre vie, pourquoi pas 24 heures sur 24.




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