Témoignage


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Les méditations que nous vous proposons sont là pour vous amener à une pleine présence de tous les instants. Dans l’intensité et la joie. En voici un exemple :

Interview de Ila

Ila est une amie maintenant décédée. Je (Dominique Vincent) l’ai interviewée il y a maintenant plus de 10 ans quand j’ai perçu qu’un énorme changement s’était opéré en elle.

  • D : Ila, j’aimerais te poser quelques questions sur ton expérience de méditation : Comment en es-tu arrivée au point où tu es maintenant ? Pourquoi t’es-tu mise à méditer ? Beaucoup de gens parlent de méditation mais sans en avoir une vision claire. Qu’est-ce qui peut motiver à méditer et quelles sont les étapes que quelqu’un va traverser quand il se met sur ce chemin ? Quel est le but du voyage ? Beaucoup de gens s’arrêtent de méditer parce qu’ils s’ennuient ou parce qu’ils sont envahis de plein de pensées quand ils essaient de découvrir le silence intérieur. Peux-tu témoigner du chemin que tu as parcouru toi-même avec la méditation ?
  • I : Tu poses beaucoup de questions en même temps. Si j’en perds, tu peux me les reposer. En somme, ce qui m’est arrivé, à l’âge de 17 ans, je me suis trouvée à un moment donné dans l’état de témoin. Je ne savais pas ce qu’était la méditation. Je n’en avais jamais entendu parler. Le mot lui-même était hors de mon expérience et de mon vocabulaire.
  • D : Que veux-tu dire par l’état de témoin ? Comment est-ce arrivé ?
  • I : C’était très simple. J’allais à l’école, j’étudiais. Comme je sortais de l’école pour rentrer chez moi, à un moment donné sur le trottoir en marchant, je me suis trouvée dans cet état. Je marchais et j’étais consciente de ma marche. C’était une très bonne expérience, mais je ne savais pas que c’était de la méditation. Je marchais et le témoin était là.
  • D : En quoi était-ce une bonne expérience ?
  • I : Le sentiment d’être, de marcher, et, en plus de se voir. C’était deux dimensions, une nouvelle façon d’être.
  • D : N’était-ce pas une façon d’être dédoublée ?
  • I : Ce n’était pas d’être dédoublée, mais d’être le témoin. C’était bon et c’était nouveau et à choisir entre ce que j’étais habituée et ce nouveau mode, il est certain que j’aurais choisi ça.
  • D : Quelle est la différence ? Qu’est-ce qui fait que tout d’un coup tu te retrouves en observateur, en témoin ? Est-ce que le mental s’arrête ?
  • I : Non, le mental ne s’est pas arrêté. Il y avait un nouvel état qui s’était ajouté. Habituellement, je fonctionnais sans être consciente alors que là, j’étais consciente que je fonctionnais. Cet état n’est pas resté. Suite à cela, les années ont passées. Les enfants sont nés. Bla bla bla bla…
  • D : La roue de la vie !
  • I : Oui, exactement. La vie de couple, la sexualité avec tous ses tiraillements, la colère, la dépendance, tout ça.
  • D : Le plaisir aussi !
  • I : Le plaisir aussi… [Rires] Oh là là. La dépendance et le plaisir, oh là là ! Et puis, il y avait aussi les études et tout ça et tout ça. Mais, à un moment donné, quelque chose est arrivé. C’est arrivé quand j’ai rencontré Osho.
  • D : Comment as-tu rencontré Osho ?
  • I : J’étais toute investie dans les études. J’étudiais la psychologie. Quelque chose est arrivée dans ma vie affective, dans ma vie sexuelle, vie de couple et, en somme, c’est ce qui m’a amené à connaître Osho, à m’ouvrir à lui. Osho était dans les alentours.
  • D : Comment en as-tu entendu parler la première fois. Bruno était sannyasin depuis deux ans et puis je faisais un peu la Kundalini mais pas de façon régulière. Tout ce que je faisais, c’était d’étudier la psychologie. Mais heureusement, un jour, j’ai ouvert sur Osho.
  • D : Y a-t-il un lien entre ce qui t’intéressais en psychologie et la découverte d’Osho ? Est-ce que c’était une lumière dans cette direction-là ou est-ce que c’était complètement différent ?
  • I : Non, c’est différent selon moi. Ce qui m’a amené à Osho, c’est plus ce qui s’est passé au niveau couple, au niveau relation.
  • D : Sans être indiscret, peux-tu préciser ce qui s’est passé ?
  • I : Absolument ! Bruno avait une petite amie et c’est probablement le choc, le seul choc qui pouvait me sortir de mes livres. [Rires] Parce que la sexualité… tu sais, j’avais un bac en sexologie et, tu sais, la sexualité, je pouvais en prendre. De partager le partenaire sexuel pour moi, c’était vraiment le point sensible par où justement Osho pouvait entrer.
  • D : Tu devais être en état de choc, choquée et ébranlée.
  • I : Oui, exactement et, finalement, ç’a été une très bonne chose. C’est arrivé par le point le plus vulnérable. Quand j’ai rencontré Osho, quand j’ai rencontré des sannyasins, des disciples d’Osho, une chose que je voyais chez eux que je n’avais pas après toutes ces années d’études, ils étaient heureux. Ce que je voyais chez eux, je trouvais cela tout à fait de mon goût. Leurs yeux étaient clairs, leurs yeux étaient très clairs. J’aurais donné n’importe quoi pour avoir des yeux clairs comme eux avaient. J’étais prête à tenter l’aventure. J’ai essayé. Je voulais savoir de quoi il s’agissait et j’étais prête à prendre les moyens.
  • D : Si tu ne te sentais pas les yeux clairs, comment te sentais-tu ?
  • I : Je ne trouvais pas que j’avais les yeux clairs et mon mental était très critique et pourtant je voyais quelque chose de beau chez ces personnes-là. C’était beau à l’intérieur.
  • D : Tu n’as pas pensé aller en thérapie ?
  • I : Non, j’avais étudié trois ans en sexologie et j’étais passée par une thérapie en gestalt, j’ai pris toute une formation, j’ai étudié et eux avaient cela. Alors, j’ai essayé de marcher là où ils marchaient et voir ce qu’il en était. Et j’ai demandé à devenir sannyasin et je le suis devenue. Le moment où j’ai pris sannyas, ma vie a vraiment pris un virage à 180 degré. À partir de ce moment-là, j’ai senti l’amour. C’était l’amour, c’était l’amour… Et cet amour-là, ça n’a jamais lâché. Ça a commencé le jour où on m’a mis le mala autour du cou et ça ne m’a jamais lâché. Jamais, jamais, jamais lâché. C’est là tous les jours depuis toutes ces années-là. En somme, à travers toutes les études que je faisais, je cherchais très fort à démêler les choses. Et c’était là, la roue est partie dans l’autre sens et ça a été extraordinaire. En fait, c’était ordinaire, mais comparé à l’ordinaire, c’était d’une qualité bien différente. Ce qui fait que suite au choc du début, cela a été quelque chose qui s’est résorbé assez vite parce que j’ai pris sannyas au mois de Janvier 87, je suis allée à Poona en Décembre 87 et puis ça a été encore une fois extraordinaire. Quand j’ai vu Osho, ma tête a craqué (mon mental a explosé ?), Pouf ! Mon esprit a tout simplement explosé. J’étais touchée, profondément touché par Osho. C’était comme une gratitude que je n’avais jamais sentie auparavant [larmes]. C’était comme de trouver quelque chose que je cherchais sans le savoir. Ma gratitude était simplement sans limite. Quand j’ai vu Osho, je n’ai pas pu me retenir et j’ai pleuré, pleuré. Je ne savais pas pourquoi je pleurais, aucune idée ! Et nous sommes revenus et peu de temps après j’ai eu l’expérience la plus magnifique. J’étais assise au restaurant avec des amis et j’ai regardé de l’autre côté du boulevard au dessus trafic. J’ai vu quelque chose dans l’arbre. Ce que j’ai vu, c’était tellement beau. Ça m’a transporté, ça m’a attiré comme un aimant.
  • D : L’énergie de l’arbre ?
  • I : Non, c’était la beauté. La beauté que j’ai vue m’a sortie de… J’avais déjà eu de très belles expériences, mais cette expérience-là m’a comme sortie du fossé. C’est passé de la vase à la beauté du lotus. Je ne peux tout simplement pas le décrire. C’était suffisant, l’attirance et la beauté [silence puis rire de Ila]
  • D : Quand tu as rencontré les sannyasins et Osho, est-ce que tu t’es sentie attirée à pratiquer les méditations ?
  • I : Oui. La personne qui m’a donné le mala m’a dit : « Maintenant, il faut que tu fasses la dynamique tous les jours pendant un mois » Je l’ai fait et, après cela, c’était régulier, c’était une affaire d’amour.
  • D : C’était l’amour et en même temps, tu te sentais attirée à pratiquer.
  • I : Absolument et en pratiquant la dynamique, je me suis rendu compte que, quand je la faisais comme il le suggère en étant le témoin, j’avais toujours un genre de mur, de gros mur épais devant moi.
  • D : Un mur contre lequel il fallait que tu luttes ?
  • I : Non, je ne luttais pas contre le mur, je n’ai jamais lutté contre lui. J’étais simplement consciente de ce mur. Je faisais la Dynamique et j’étais totale en la faisant, tout ce que je pouvais donner et j’étais toujours le témoin dans cette totalité et, à un moment donné, dans toute cette action-là, mon corps est comme parti, je suis tombée, un peu comme si j’avais été une feuille. Je me suis retrouvée sur le plancher, tout doucement sur le plancher, et là mon corps pesait comme 150 Kg. Un corps lourd, lourd, lourd. Après cela, il n’y avait plus de mur.
  • D : As-tu alors continué à faire la Dynamique ou as-tu fait d’autres méditations ?
  • I : J’en ai fait d’autres. J’ai fait Nadabrahma qui était aussi très bonne.
  • D : Tu méditais parce que tu sentais l’amour d’Osho et parce qu’il te demandait de méditer ?
  • I : Non, je possédais continuellement cet amour depuis que j’avais reçu le Mala. Et puis de méditer ici, moi et Bruno, ça a été toujours quelque chose de régulier. Deux fois par jour, on s’asseyait… depuis que nos enfants étaient petits, on s’asseyait.
  • D : Avant même de rencontrer Osho ?
  • I : Avant Osho, parce que avant on faisait la méditation transcendantale. Après avoir connu Osho, j’ai vu que la méditation avec lui, c’était quelque chose de pure, c’était la pureté même de la méditation, Zen. J’étais amoureuse du Zen et, pour moi, le Zen c’était la pureté même de la méditation. Pendant un certain temps, je faisais ces pratiques-là, Dynamique, Kundalini, Nadabrahma. J’aime aussi Nataraj, parce que Nataraj est aussi l’ouverture du corps, la célébration, si magnifique et c’était bon pour moi parce que dans cette période de crise, Nataraj a été un outil extraordinaire.
  • D : Et vous faisiez jusqu’à deux méditations par jour ?
  • I : Toujours et parfois nous prenons une journée complète où on ne fait rien, simplement assis, Vipassana, puis on marche.
  • D : Et tu continues toujours ?
  • I : Oui parce que c’est si délicieux… [Rires] C’est vraiment si délicieux… Au sujet de la Nataraj, je me souviens que dans les années où nous avons été séparés, j’ai lu les premières pages d’un livre qui s’appelle ‘The Tantra Vision’, celui où Osho parle de l’histoire de Saraha qui rencontre son maître, cette femme qui fait des flèches. À ce moment-là, j’ai trouvé cela extraordinaire et ça m’a aidé à terminer la relation. Bruno était parti. Je ne savais pas si notre relation allait continuer où si c’était la fin mais je ne pouvais pas vivre en lambeaux comme cela, oui non, oui non non oui. Alors, j’ai tout simplement coupé pour moi, pour que la vie continue. Nataraj m’a beaucoup aidé avec l’histoire de Saraha qui vit dans les cimetières, les lieux où l’on brûle les morts. J’ai même été faire la Nataraj dans un cimetière retiré du chemin avec la musique, avec un walkman.
    L’expérience de la beauté
  • I : L’expérience suivante, ça a été l’arbre.
  • D : D’abord le cœur, la dévotion puis la beauté.
  • I : Oui, exact !
  • D : Est-ce que cette expérience s’est installée de façon durable ?
  • I : Oui, la beauté, c’est toujours là. J’ai simplement à me souvenir de l’arbre et cette beauté-là elle est imprimée dans mon cœur.
  • D : Est-ce que c’est vrai pour les arbres qu’on aperçoit par la fenêtre ? Est-ce que c’est vrai en me regardant ? Même moi ? [En riant]
  • I : Oui, tout est beauté, c’est l’existence, parce que après tu vois ce qui arrive dans ce processus, dans cette promenade-là, c’est que ça n’arrête jamais. La qualité est de plus en plus, de meilleur en meilleur. Je sais que cela va toujours continuer, que cela ne peut pas arrêter. La même chose pour la méditation : un jour on allait en auto. On est entré dans un tunnel en allant à Mirabel, c’était peint en jaune. On entre. On en ressort et à cet instant précis, je me suis retrouvée en méditation pour la première fois. Pour la première, j’étais dans l’état de méditation. Il n’était pas amené par une pratique.
  • D : Qu’est-ce que tu appelles état de méditation ? Est-ce descriptible ou non ?
  • I : On peut essayer. Si tu veux le savoir, la meilleure… Que Dieu te bénisse et que tu la fasses ! C’est une bénédiction. Tout ce que je te raconte, c’est une bénédiction. Ce sont des grâces. Je ne pense pas que j’ai fait suffisamment pour que ces choses arrivent. J’étais assise dans l’auto et quand on sort du tunnel, j’étais assise en méditation.
  • D : Est-ce que c’était le silence absolu ? [Long moment de silence]
  • I : Silence et immobilité également. Mais ce n’était pas sans vie. C’est quelque chose de vivant. En même temps, c’était comme si tout s’était arrêté.
  • D : Est-ce que c’est là en même temps que tu me parles ?
  • I : C’est toujours là. C’est une qualité, un état. Cet état-là, c’est comme une qualité et c’est plus qu’une qualité. Tu te retrouves simplement assis dedans. Une fois que c’est imprimé, tu ne peux pas l’effacer toi-même. Une fois que tu as explosé…
  • D : Cela me fait penser à quelque chose que j’ai lu dans Osho il y a quelques jours où il dit : « Il y a le silence quand vous arrêtez votre mental et il y a le silence qui s’impose de lui-même car il est votre vraie nature. »
  • I : Si on essaie de décrire cela, c’est difficile. [Long moment de silence]Mais il y a autre chose, quelque chose qui à un moment donné doit être exprimable et c’est ça le truc qu’il faut voler.
  • D : Qu’il faut voler ? Je ne comprends pas. Que veux-tu dire ?
  • I : Quand j’ai vu Osho, c’était spécial. Une chose était importante pour moi : Ce que je voyais chez lui, je voulais aussi l’avoir. C’était plus que tout ce que je pouvais concevoir. Je savais que la psychologie que j’étudiais, ne me donnerait pas ce que je cherchais. Ça ne me donnerait pas la santé mentale. Osho avait ce que je cherchais et si c’était possible de le lui voler, je l’aurais fait immédiatement. Il fallait que je l’aie ! C’était aussi urgent que cela. Si quelqu’un veut savoir ce que c’est que ce silence, le mieux, c’est de le voler.
  • D : Comment est-il possible de le voler ?
  • I : Tu fais un tel chemin… tu vois, c’est possible de le voler. Parce que, à un moment donné, ce qui arrive avec la méditation, c’est que ça prend toute la place. Ça devient quelque chose non seulement à l’intérieur du corps, ça vient à l’extérieur aussi. Ce n’est pas quelque chose qu’une personne contient ou dont elle dispose. Si je décide que tu vas l’avoir, ça ne marche pas comme ça. C’est beaucoup mieux que ça ce que l’existence a fait. La personne qui l’a, n’a même pas le contrôle. Ça fait simplement partie du courant de la rivière. Tu es juste dans le courant et cette fleur, cette essence, c’est la fin de tout. Et c’est autant à l’extérieur au point où tu ne sais même pas où cela se termine.
  • D : J’essaie de percevoir ce qu’est ton expérience en le comparant à ce que je vis et j’ai l’impression que ce que je vis, c’est que de fait, la méditation transforme ma perception, que c’est de plus en plus présent. C’est une aspiration qui revient presque continuellement dans ma journée et pourtant j’ai l’impression que la différence avec ce que tu vis, c’est que c’est avec un certain effort et que ça n’enlève pas les états d’anxiété, la peur de la mort. Ce n’est pas l’expérience que tu fais.
  • I : Non… parce que à ce point, je suis déjà partie. Comment veux-tu que j’aie peur de la mort ? Je suis déjà partie.
  • D : Pour moi, je développe mon attention aux arbres… je développe le témoin, la présence à moi-même qui est le fruit de 20 ans de méditation et je sens que tu parles de quelque chose de beaucoup plus vaste.
  • I : Je ne fais pas d’effort, parce qu’il n’y a plus d’effort à faire.
  • D : Où est le saut entre l’aspiration comme tu le dis, je voudrais le voler à Osho, je voudrais te le voler et je n’ai pas l’impression que j’ai sauté dans l’état où tu es.
  • I : Non, mais cela ne veut pas dire que tu ne peux pas sauter.
  • D : Oui, mais alors où est-ce que c’est ? [Rires]
  • I : En 91, je suis retournée aux Indes. Osho avait quitté son corps. C’était pour moi comme ici quand quelqu’un laisse son corps, habituellement on va au salon funéraire, on va payer le respect. C’est ce que je sentais, aussi je suis retournée aux Indes. Je n’ai pas fait grand chose excepté que ça me manquait de voir Osho en personne. J’ai senti de la colère contre lui. J’étais fâché parce qu’il était parti et je ne savais plus où il était, même s’il y avait la méditation. Alors j’ai décidé ; je ne sais même pas si c’était une décision. Je me suis retrouvée pendant deux semaines assise au même endroit : Si tu es quelque part, montre-moi où tu es. Deux semaines ont passé et c’était le temps de rentrer ici et je n’ai rien vu. Mais rendue ici, j’ai su où Osho se trouvait. Rendue ici ! Il y a eu tellement d’expériences qu’il est difficile de me souvenir d’expériences marquantes qui laissaient quelque chose de profond qui ne partait pas. Pour ce qui est de l’effort et du non effort,
  • D : Comment faire ? Tu dis que je peux faire le saut n’importe quand et en même temps, tu dis que les expériences te sont arrivées, que c’est un cadeau. C’est là : Quel est l’effort que je peux faire et quand faut-il que j’arrête de faire effort ? Et il y a une poussée à méditer.
  • I : L’effort tombe quand la méditation arrive de façon naturelle, quand la méditation arrive…
    D : Alors, c’est un cadeau, je ne peux rien faire pour cela et pourtant il faut que je médite en même temps.
  • I : Tu peux t’y prendre comme cela mais quand cela arrive, c’est fini. Si tu t’assois tranquille et que tu fermes les yeux, c’est simplement parce que c’est délicieux, agréable. Pour ce qui est de voler, je pense que tu as besoin d’aimer ce que tu vois, de le vouloir beaucoup. Aussi, ce que j’ai vu en Osho, une personne illuminée, c’est un Dieu, c’est Dieu dans un corps. Si tu aimes ce que tu vois, l’amour, j’en suis sûr, c’est un facteur très important… C’est tellement profond dans ton cœur…
  • D : Quand tu me dis ça, je me demande, il y a une certaine barrière entre toi et moi en ce moment, un peu de méfiance, un peu d’inquiétude, un peu d’anxiété et j’ai l’impression que ce rapport d’amour, je ne l’ai pas totalement. Et je ne peux pas le forcer, je peux juste l’exposer, c’est tout ce que je peux faire et ça fait mal.
  • I : Tu peux juste être conscient de cela et ne t’y accroche pas non plus. Ce qui est important, c’est d’être conscient de ce que tu viens de dire… Ne pas être contre, ni être pour. Je n’étais pas contre le mur, je n’étais pas pour le mur non plus. Le mur était et à ce moment-là, quelque chose peut arriver.
  • D : C’est une sorte de confiance… ?
  • I : C’est une attitude ouverte, c’est seulement une attitude ouverte.
  • D : À travers tout ce que tu dis, il ne semble pas que ce soit un moment particulier. Je ne sais même pas si tu peux dire que tu es illuminée, je ne sais pas si tu le décrirais comme cela ou pas, ce n’est pas un moment, ce sont bien des expériences…
  • I : Oui, et ça continue et je ne pense pas que ça veuille s’arrêter [Rires de Ila]
  • D : Quand nous nous sommes parlé au téléphone, tu m’avais parlé aussi de l’expérience d’un soir à ton retour de travail assise sur le balcon…
  • I : Oui, le centering. Je travaillais de quatre heures à minuit. J’étais la seule employée sur le plancher et j’étais très occupée et quand je revenais à la maison vers minuit trente, presque tout le monde étaient couchés, tout était tranquille et je m’asseyais sur le perron devant la maison et je fermais les yeux et j’ai vu qu’il y avait comme une colonne de lumière à l’intérieur et très centrée. Cette réalité-là, ça n’avait pas d’âge. C’était simplement là. Soir après soir quand je fermais les yeux, c’était toujours là. Un soir, j’ai pensé alors que je serais au travail bien occupée, j’irais de temps en temps vérifier si c’était encore là. Et c’était toujours là et ce qui est arrivé, c’est tout simplement que ça a pris tout le champ. C’est vrai que ça continue et c’est de plus en plus agréable, c’est de plus en plus doux. [Long temps de silence puis rires]
  • D : Si tu voulais parler à des gens qui n’ont jamais fait de méditation, qu’est-ce que tu donnerais comme conseil ? Ce n’est jamais bon de donner des conseils, mais qu’est-ce que tu aurais à dire pour donner le goût ?
  • I : La clef, c’est d’être avec sa propre nature, ne pas s’y opposer… Notre nature au complet… Notre corps, notre nature exactement est avec nous, elle n’est pas contre nous. C’est un processus naturel. Ça arrive à des personnes ordinaires [Rires]. J’ai vécu comme n’importe qui d’autre. C’est une chose naturelle car, quand ça arrive, tu te rends compte que c’était là dans ton corps, dans ton âme même. Quand on parle d’âme, tout le monde cherche et c’est bien de chercher car il s’agit de se trouver son propre être et c’est quelque chose dans notre propre nature. C’est cette nature-là qui peut fleurir, la conscience. Ce n’est pas seulement la conscience, c’est aussi dans le corps. N’importe qui qui est bien assis dans sa nature, qui relaxe, qui médite.
  • D : Mais alors, être dans sa nature pour toi concrètement, ça veut dire quoi. Est-ce que ça veut dire qu’il n’y a pas besoin de pratiquer de méditations, ou est-ce que ça va ensemble.
  • I : La méditation est une forme de relaxation. C’est une relaxation profonde et les méditations d’Osho, Dynamique et Kundalini, toutes les méditations actives nous aident à nous défaire de certains conditionnements, pour éliminer certains stress, pour regarder en nous, s’habituer à être le témoin.
  • D : Et pour accepter davantage notre nature.
  • I : Oui, et pour nettoyer aussi ce qui est lourd dans notre corps, pour aider notre corps.
  • D : C’est absolument essentiel pour beaucoup de gens de passer par là.
  • I : Ça peut aider. Je ne sais pas si je dirais essentiel. Tout ce que je pense que je dirais, c’est que pour les personnes qui peuvent relaxer leur mental et leur corps profondément, quelque chose peut leur arriver.
  • D : Est-ce qu’il y a des gens qui se racontent des histoires en pensant qu’ils sont capables de relaxer et de méditer alors qu’en fait il y a des blocages et des choses réprimées ?
  • I : À ce moment-là, si on se raconte des histoires, cela n’aidera pas. S’il n’y a pas de relaxation mentale possible, c’est mieux de faire des méditations actives et de faire n’importe quoi pour que les nœuds se défassent pour avoir un corps et un esprit tout à fait relaxes.
  • D : N’est-ce pas Bouddha qui a dit que la méditation, c’était simplement de défaire des nœuds ?
  • I : Il faut que les nœuds soient défaits. Il faut apprendre à être et de temps en temps, on n’y est pas et tout à coup, ça arrive. Une fois de temps en temps, on n’est pas le témoin. Parfois quand on est absent, quand j’étais absente, des expériences arrivaient.
  • D : Quand tu n’étais pas le témoin ! C’est paradoxal. En même temps, il faut développer le témoin et les choses arrivent quand tu t’oublies.
  • I : Oui.
  • D : Mais c’est complètement fou ce que tu dis là !
  • I : [En riant] C’est peut-être fou, mais c’est peut-être vrai !
  • D : Mais alors, est-ce que c’est cela qui me manque ?
  • I : Quand l’esprit est trop fort, ça n’aide pas. C’est bien d’être le témoin et puis, une fois de temps en temps, ça arrive. Quand nous ne sommes pas et alors ça arrive.
  • D : Moi, je connais l’état où je suis perdu dans mon mental, où je suis parti, je ne suis plus présent. Je connais le moment où je suis attentif.
  • I : Et conscient, conscient de ton attention ?
  • D : Oui.
  • I : Bravo.
  • D : Il y a des moments où je suis soulevé au niveau du cœur, par une musique, par la présence de quelqu’un, une qualité dont je suis conscient et en même temps, je constate que je n’ai pas l’expérience que tu possèdes.
  • I : Oui, mais tout est là. Est-ce que tu es relaxé ? Est-ce que ton corps est ouvert ?
  • D : En ce moment oui, mais je ne sais pas si c’est une attente ou une tension au plexus. Je dis oui et en même temps, je sens qu’il y a une sorte de peur. [Rires de Ila]
  • I : Qu’est-ce que tu fais avec le nuage ? Simplement ne pas être contre les nuages et danse ton chemin vers Dieu.

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