Tantra au cœur de l'être

Votre voix

Êtes-vous satisfait de votre propre voix ? Êtes-vous satisfait de l’impact que vous avez quand vous êtes dans une réunion ou à table avec un groupe d’amis et que vous essayez de donner votre point de vue et quand vous réussissez à le prononcer, personne n’y porte attention ?

Il existe un moyen hyper puissant pour améliorer la profondeur de votre diction, d’améliorer les vibrations de votre voix et la puissance de son impact. Ce moyen est en même temps très simple et très difficile à utiliser. Très facile dans son principe, vous pouvez le comprendre immédiatement, mais difficile à utiliser parce qu’il faut s’en souvenir tout simplement. Et s’en souvenir au moment où on en a vraiment besoin, alors que nous sommes pris par mille et une préoccupations, c’est ça la difficulté.

Donc pour réussir cette technique, il faut l’apprendre étape par étape.

La technique s’énonce ainsi : quand vous parlez, écoutez le son de votre propre voix.

Qu’est-ce qui se passe quand vous écoutez le son de votre propre voix ? La présence à l’intérieur du corps va amener tout naturellement votre voix à résonner dans les profondeurs de vos entrailles, j’ai envie de dire de vos tripes.

Et l’effet produit autour de vous, et déjà l’effet produit en vous, c’est une immense amplification de votre énergie et un impact de la voix portée par cette énergie.

C’est la même chose qui se passe dans les arts martiaux. Les samouraïs, en portant leur attention à l’intérieur du corps, génèrent et accumulent une énergie fabuleuse qui peut ensuite être mobilisée dans un geste juste.

La première étape, la plus essentielle, c’est de développer la capacité à écouter et reconnaître ce qui se passe dans votre corps. C’est la capacité, tout simplement, à écouter, j’ai envie de dire par un regard intérieur, ou une oreille intérieure, à écouter ce qui se passe en vous.

Un moyen simple et efficace pour y arriver, c’est de jouer avec des sons. On peut commencer tout simplement avec les voyelles. Et quand vous émettez un son, observez où ce son résonne dans votre corps.

Quand vous prononcez la voyelle « A », où est-ce que ce  « A » résonne ? Si vous prononcez la voyelle « i », où est-ce que cela résonne ? « O », etc.

Pour vous guider  : dans cet exemple de la voyelle « A », surtout si vous ouvrez bien la bouche, vous allez constater relativement facilement qu’elle résonne profondément à l’intérieur du corps vers le bas. La voyelle « i », elle, elle résonne à l’arrière de la nuque et dans la tête. Et quand vous prononcez le « O », la bouche fait alors un cercle, et vous allez constater qu’elle résonne essentiellement dans la poitrine.

Deuxième étape, vous pouvez jouer avec les consonnes F, T, Z, etc… Vous liez les consonnes à toutes les voyelles possibles, ce qui donne des syllabes et vous jouez avec elles. Chaque syllabe a un impact encore plus précis sur votre corps que les voyelles seules. PA, BA, FA, TA, MA, FA, ZA, et ainsi de suite.

La troisième étape sera d’explorer la musique de mots et comment la musique de chaque mot est une mini-mélodie, une musique mélodieuse. Le mot « amour » va résonner différemment dans votre corps que « charabia » ou « mystère ». Simplement jouez avec n’importe quel mot qui vous vient à l’esprit et observez finement.

Vous allez vous rendre compte de cette mélodie et que cette mélodie parcourt un certain trajet à l’intérieur de votre corps.

Et l’étape suivante sera de prononcer des phrases entières, et de sentir la résonance de toute la phrase dans un flux continu.

Le premier résultat de cette attention, c’est de vous rendre compte de la résonance de votre voix. Faire cet exercice va l’enrichir et peut-être même dénouer de vieux schémas de tonalité, de puissance, ou de manque de puissance dans ce que vous voulez dire ou même chanter. Vous allez peut-être sentir que votre voix racle au fond de la gorge avec une retenue, qu’il y a une peur à donner du souffle, du volume…

Et avec l’exercice, cela vous donne une chance de défaire des nœuds chroniques.

Un deuxième résultat sera que le débit de votre voix va ralentir. Habituellement, surtout avec l’inquiétude ou le désir de se faire entendre, nous entrons dans une précipitation, une kyrielle de mots qui perdent leur densité et leur pouvoir d’impact.

Le ralentissement grâce à l’écoute de l’impact corporel va donner beaucoup plus de poids et de sérénité à chaque mot, à chaque phrase, à chaque idée qui s’exprime par des mots. Vous allez ressentir ce changement en vous et vos auditeurs vont le ressentir instantanément. Votre voix va pénétrer en eux.

Un troisième résultat sera que votre processus d’idéation, d’émergence des pensées, va se faire beaucoup mieux, vous allez gagner en clarté, et cette clarté, évidemment, va faciliter l’écoute de vos auditeurs.

La dernière étape résultant de votre exploration et de votre entraînement est évidemment de l’utiliser en situation réelle au cours d’une réunion, quand vous avez à intervenir pour présenter votre point de vue, pour faire un exposé devant un groupe ou une assemblée.

Cela ne se fera pas du jour au lendemain, cela dépendra beaucoup du temps passé à vous exercer. 

Commencez à vous observer régulièrement, le plus souvent possible, dans des situations peu stressantes, quand vous parlez tranquillement avec des amis, quand vous êtes à table, quand vous chantonnez, écoutez le son de votre propre voix.

Comme je vous le disais au début, c’est une approche facile et agréable. La difficulté est de l’appliquer quand il y a beaucoup d’enjeux avec des pensées qui se bousculent dans votre tête.

De s’en souvenir, ne serait-ce au début que par éclairs, de petits aperçus en situation réelle, cela va s’installer progressivement.

Et, miracle, plus que d’améliorer l’impact de votre voix sur les autres, cela va provoquer en vous une profonde transformation intérieure. Vous serez plus ancré. Vous vous sentirez animé d’une énergie profonde. Votre qualité de présence, même avant d’ouvrir la bouche, va être ressentie par tout le monde présent.

Dominique VINCENT