Comment rester centré quand on parle de politique ?
Trouver une méta-position bienveillante
Hier, j’ai rencontré une amie et, au détour de la conversation, alors que je ne lui demandais rien, elle est entrée dans une diatribe violente contre un des leaders mondiaux actuellement engagés dans de multiples conflits.
Je ne suis surtout pas entré dans une tentative d’argumentation ou même de dialogue avec elle. Je pouvais voir qu’en fonction de son origine nationale, combien, en fonction de l’histoire de son pays d’origine, sa prise de position pouvait être marquée par le passé. Aussi, je me suis prudemment mis de côté, ou plus exactement j’ai pris une méta-position. Je l’ai laissé parler, j’ai accueilli.
Et quand je dis accueillir, j’ai simplement essayé de me mettre en résonance de cœur avec elle, de me mettre dans son ressenti, et cela m’a amené à une réflexion plus profonde.
Qu’est-ce que le yoga a à faire en politique ? Qu’est-ce que les méditants, les adeptes du yoga, mais aussi ceux qui appartiennent à l’une ou l’autre des traditions spirituelles de l’humanité : christianisme, chamanisme, bouddhisme, soufisme, ont à dire ?
Prendre de la distance, se mettre en méta-position, ouvrir son cœur. L’amour est premier. Et prendre de la distance, se mettre en méta-position ne signifie absolument pas ne pas ressentir bien au contraire ! C’est ressentir en essayant de se mettre à la place des différents interlocuteurs, des différentes parties, des différents vécus des personnes impliquées dans des conflits.
Cela veut dire une méta-position : je ne prends pas parti, je ressens. Cela implique la pensée, la réflexion, ce que je sais des uns et des autres, et ça va plus profondément que ça : savoir en quoi ça m’atteint, ça m’impacte, et en quoi chacune des personnes est impactée en fonction du vécu de sa famille, des gens qui sont morts à la guerre, et plein d’autres aspects qui constituent l’histoire d’un groupe social ou d’un pays.
J’écoute, je ressens, je visite les différentes positions et je n’interviens pas sur le fond du débat ce qui ne servirait à rien, juste à figer les différences encore un peu plus. La seule chose que je peux me permettre, c’est d’aider chacun à s’exprimer totalement et d’aider, si possible, à ce que chacun entende le vécu de l’autre et, si c’est possible, visite la position de l’autre en ressentant ce qu’il ressent. Et c’est tout.
Pour moi, c’est cela, la méta-position d’un médiateur. C’est de cela dont nous avons besoin dans ce monde tel qu’il est..
Dominique VINCENT