La voie du ressenti.
Bonjour, comment allez-vous ?
La question la plus banale qui soit, qui est devenue très souvent, la plupart du temps, question sociale, comme entrée de jeu quand on se rencontre. Et la plupart du temps, personne ne s’attend à une réponse vraie. Une réponse véritablement authentique et ressentie.
Quand vous avez passé une nuit difficile, une dispute avec votre partenaire, une difficulté avec un de vos enfants, qu’est-ce que vous allez répondre en arrivant au travail à la question « Comment vas-tu ? » par « Je ne vais pas bien du tout ce matin ? » La plupart des gens vont vous regarder avec des grands yeux étonnés et mal à l’aise.
Pourtant, la question est fondamentale et plutôt que de laisser les personnes autour de vous vous la poser sans aucun impact, vous pouvez vous la poser à vous-même. Comment est-ce que je vais ? Qu’est-ce qui se passe en moi ?
Depuis des millénaires, cette question posée est reconnue comme une voie de sagesse. Cette question peut vous aider à dégager des états émotionnels difficiles, profiter pleinement des états émotionnels agréables.
De plus, c’est une voie de prévention de beaucoup de maladies, la plupart des maladies ont un facteur psychosomatique.
Comment est-ce que cette question peut être réellement prise en compte et servir de voie de sagesse et de guérison, voire même de guérison, non seulement de prévention ?
Voici la démarche intérieure que je fais pour moi-même le plus souvent possible dans la journée ou la nuit, même au moment de me coucher ou quand je me réveille, après un rêve par exemple, qui va, qui me permet de donner tout son sens à cette question « Comment est-ce que je vais ? »
Une mini-pause ou une pause plus prolongée, une mini-pause qui peut être de quelques secondes, voire même de quelques fractions de secondes, je porte mon regard à l’intérieur en me posant la deuxième question « Où est-ce que je ressens quelque chose ? »
La troisième question sera : qu’est-ce que je ressens exactement ?
Pour préciser ce que je ressens exactement, je vais essayer de trouver le plus grand nombre de caractéristiques de ce ressenti, au moins trois. C’est chaud, c’est lourd, c’est comme un point, comme une zone.
Vous pouvez élargir qu’est-ce que je ressens par aussi des images ou des pensées qui y sont associées. Ça me fait penser à quoi ? Ça évoque quoi ? Est-ce que c’est une couleur ? S’il y avait un mot écrit sur la zone, ce serait quoi ? S’il y avait un son qui sortait de cette zone, ce serait quoi ? De cette zone ou de ce point ? S’il y avait un mot, une phrase, si cette zone parlait ou criait.
Et chaque fois que je précise un de ces points qui sont de l’ordre de l’émotion et des pensées, je reviens à qu’est-ce que je ressens. Le ressenti est le point de départ et le point de retour de toute évocation qui peut se faire autour de lui. Toujours revenir au ressenti.
Et pour accélérer, amplifier le processus, pour accélérer le processus, c’est d’amplifier, de donner de la place à ce que je ressens. Cela peut être fait facilement en amplifiant légèrement, en invitant une amplification de la respiration. Une respiration, quand j’inspire, qui donne plus de place à ce qui est ressenti dans son ancrage corporel.
Quand je fais ça pour les ressentis importants, ça peut prendre le processus soit complet. Si vous n’avez que quelques fractions de secondes ou quelques minutes, c’est plus du repérage qu’un dégagement complet qui est possible.
Et quand vous avez repéré cela, vous pouvez revenir à un moment où vous avez plus de temps, surtout si ce ressenti est fréquent et revient.
Pour répondre à la question « Où est-ce que je ressens ? », imaginez que vous avez une lampe torche à la main, plus exactement à l’intérieur de vous, qui est téléguidée par votre conscience dans la tête.
Vous êtes comme un explorateur d’une maison obscure et vous dirigez le faisceau de cette lampe partout dans votre corps.
Vous pouvez le faire systématiquement dans ce qu’on appelle un body scan, soit en commençant par la tête, soit en commençant par les pieds.
Comment est-ce que vous savez que ce processus se termine ?
Alors d’abord, il n’est pas terminé tant qu’après un cycle de repérage, d’observation, de description, d’évocation, et que vous revenez à ce que vous ressentez maintenant, il y a encore quelque chose qui demeure.
Souvent, toujours en fait, de faire ce cycle, ces premiers cycles, ce premier cycle, vous allez constater que le ressenti s’est modifié ou s’est déplacé à une autre place dans le corps, par exemple du ventre à la gorge ou de la poitrine dans le dos, c’est très bien, c’est le processus en évolution.
Et à ce moment-là, vous recommencez. Où est-ce que c’est exactement ? Quelles sont les caractéristiques principales, au moins trois ? Qu’est-ce qui est évoqué par cela ? Les images, les pensées, etc. ?
Peut-être même intégrer des mouvements, des micro-mouvements, des gros mouvements, les permettre si vous êtes dans un lieu où c’est possible.
Et ça fait comme un deuxième cycle auquel vous terminez en revenant à nouveau à exactement le ressenti, est-ce qu’il s’est modifié, est-ce qu’il s’est déplacé, etc.
Et vous savez que l’ensemble du processus s’est accompli quand tout d’un coup, ça peut être progressif, mais ça peut être vraiment tout d’un coup une bouffée d’air pour respirer davantage. L’énergie qui était dans le malaise ou voire même la douleur se dégage, vous entrez en expansion, l’énergie circule, ça devient agréable, même très agréable, et une grande énergie, vous sentez une grande énergie disponible pour continuer ce que vous avez à faire.
Habituellement, ce processus au complet prend un maximum d’une vingtaine de minutes.
Et vraiment, je vous invite, faites-le, ça peut vous éviter ou vous permettre de dégager bien du stress. Ce peut vous éviter bien des maladies qui, je le répète, ont la plupart du temps de grands aspects psychosomatiques.
Dominique VINCENT