Qu’est-ce que le Tantra ?
Vivre à fond, intensément, passionnément
Vivre son corps, en prendre soin, exploser de vie, vibrer, savourer.
Vivre ses émotions, ses amours, ses colères, ses peurs, ses espoirs.
Tout traverser : la joie, la dépression… tout, tout, tout !
Avec conscience !
Et vivre intensément aussi intellectuellement, développer son intelligence, faire fonctionner son cerveau. Penser sans limite, s’ouvrir au monde, visiter le monde, s’ouvrir à tous les points de vue. Découvrir toute l’insondable réalité de son corps, toutes les sensations que son corps peut fournir.
Le Tantra, c’est notre expansion dans l’univers. Ouvrir sa présence à soi-même, à ses proches. Être là. Être là pour soi, pour eux, dans ce vaste monde. Accepter les challenges de l’époque — l’intelligence artificielle, les conflits — tout ça, et faire de tout ce qui arrive une opportunité et non pas une malédiction. Même si la mort est là, la prendre comme une opportunité d’aller plus profond, plus sensible, plus présent, vers l’immortalité, la conscience elle-même étant l’immortelle.
Prendre le temps qu’il faut pour comprendre toutes les limitations à cette puissance de vie : tout ce que nos parents nous ont empêché de vivre, la société. Être conscient qu’il faut respecter l’environnement, les autres, mais ne plus se laisser emprisonner intérieurement par toutes ces croyances, par tous ces médias.
Ouvrir la conscience profonde, être lucide vis-à-vis de ce qui se passe. Ouvrir son intuition, faire confiance à ses ressentis.
Prendre des risques. Accepter l’incertitude, accepter même le risque de mourir, tout en étant intelligent, sans faire n’importe quoi.
Le Tantra c’est la conscience, la centration, et en même temps l’explosion de vie. L’acceptation de toute l’existence telle qu’elle est en ce moment, pas comme nous pensons qu’elle devrait être. Répondre aux défis que la vie nous donne. Et c’est à travers ces défis que nous grandissons, à condition de ne pas s’écrouler, mais de répondre — répondre, ce qui n’est pas une réaction — répondre intelligemment avec toute sa conscience.
Oser être soi. Oser être différent. Et en même temps accepter la différence des autres. Cela fait un monde riche, vivant, vibrant, dans lequel, tel qu’il est, nous pouvons savourer la vie au maximum.
Avoir de l’empathie pour ceux qui ne voient pas, pour ceux qui souffrent, pour ceux qui s’enferment, pour ceux qui n’osent pas, pour ceux qui sont malades, pour ceux qui sont en train de mourir. Toute l’expérience de la vie, c’est aussi cela : accueillir avec son cœur les autres, ce qu’ils peuvent faire, et ne pas les juger. Tout ça, c’est le Tantra, l’approche la plus inclusive, la plus exhaustive qui soit.
Oser sa créativité. Oser sa propre danse, sa musique intérieure, sa danse à l’extérieur. Prendre le défi de se rencontrer au plus creux de soi.
Qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais dans ce monde ? Être en quête de sens, ne pas courir à droite à gauche comme un décérébré, mais aller dans tout ce qui est possible, et dans le plus intime aussi : le centre
Qu’est-ce que l’amour ? Qu’est-ce que c’est que la présence elle-même, la conscience consciente de sa propre présence ?
À partir de cette conscience de soi, aimer. Risquer l’aventure amoureuse. Risquer la rencontre des autres. Oser les regarder dans les yeux. Oser se mettre en face. Les inviter à se mettre en face de vous. Accepter les frictions que représentent les relations humaines. Les relations humaines, des rencontres, des frictions, des amours, des luttes, des retrouvailles — c’est tout ça, tout ça, tout ça.
Oser nos rêves. Oser affronter ce qui nous fait le plus peur, ce qui nous empêche de les réaliser et que nous savons pourtant être la vérité de notre vie, de notre existence terrestre, de ce que nous avons à faire ici, dans cette incarnation. Oser tout, avec conscience. Prendre des risques intelligemment. Aller de l’avant.
Et la sexualité dans tout cela ? La sexualité est centrale. Elle est l’énergie de vie, l’énergie de la création. Elle est reliée à la Source, au point zéro, à la source de tout ce qui existe.
Mais il ne faut pas s’y méprendre : le Tantra, ce n’est pas vivre sa sexualité sans conscience, chercher de plus en plus d’excitation.
Oui, pour avancer dans le Tantra, il est nécessaire d’avoir une sexualité saine. Pour cela, il nous faut nous débarrasser des conditionnements moraux et religieux et guérir des abus, des traumatismes subis. Alors la sexualité peut être reconnue comme l’énergie de base de la transformation alchimique.
Dans le Tantra, la respiration souffle sur le feu de la sexualité. Ce feu monte depuis les racines, depuis la terre, depuis le premier chakra, jusqu’au ciel, jusqu’au septième chakra, ouverture à la conscience cosmique. Cette transmutation est l’essence du tantra : utiliser ce feu pour la créativité, pour vivre totalement, et non pas pour s’enchaîner dans une recherche obsessionnelle de la sexualité. Le vrai Tantra, le Tantra authentique, est à l’extrême opposé de l’obsession sexuelle et de toutes les perversions possibles.
La polarité homme-femme active ce feu. On peut vivre le Tantra seul. Une relation profonde c’est tellement riche et bon. toutes les qualités qu’elle nous permet d’expérimenter et de développer : sensibilité, sensualité, amour, bienveillance, empathie et respect mutuel. Le grand œuvre alchimique de la sexualité à la supra-conscience à deux !
La montée de ces énergies de feu permet la fusion avec les énergies de l’univers tout entier. C’est ce que dans le tantra on appelle le Mahamudra : l’orgasme absolu, l’extase, la réalisation de tout ce que nous portons en nous en tant que hologramme de l’univers, le retour à la Source cosmique.
Quand ce retour s’opère, que reste-t-il ? Du chameau conditionné qu’on a voulu que nous soyons, nous devenons un lion rugissant. Passage obligé pour nous libérer de nos chaînes ! Et quand toute l’énergie a stimulé et ouvert nos chakras et s’expanse aux dimensions de l’univers, il ne reste plus qu’à jouer sa vie avec l’innocence d’un enfant et la sagesse d’un vieillard.
La sagesse de celui qui a vécu, qui a intégré toutes les étapes de l’ascension, qui a appris, et qui, en même temps, a retrouvé l’innocence de l’enfant.
Dominique VINCENT